Rubrique Demeures Insolites

BRETAGNE – La Maison sculptée de Jacques Lucas 1/2

Nous arrivons au numéro 24 du le lieu dit Lessart, à Amanlis, près de Janzé, au son de la chanson Lothlorien de la bande originale du Seigneur des Anneaux . On n’aurait pas pu trouver mieux pour voir surgir du bas-côté les premières sculptures de Jacques Lucas.

Illustration de HeyTon’s (clique dessus pour la voir en entier)

Rubrique Demeures Insolites

BRETAGNE – La Maison sculptée de Jacques Lucas 1/2

Nous arrivons au numéro 24 du le lieu dit Lessart, à Amanlis, près de Janzé, au son de la chanson Lothlorien de la bande originale du Seigneur des Anneaux . On n’aurait pas pu trouver mieux pour voir surgir du bas-côté les premières sculptures de Jacques Lucas.
Illustration de Antonin Briand

« Il faut trouver la bonne structure,
puis regarder ailleurs.
Après, ça se fait tout seul . »
Jacques Lucas – 6.03.22

Par Aurore Blanc

Version audio et vidéo disponible ICI !

Nous arrivons au numéro 24 du le lieu dit Lessart, à Amanlis, près de Janzé, au son de la chanson Lothlorien de la bande originale du Seigneur des Anneaux . On n’aurait pas pu trouver mieux pour voir surgir du bas-côté les premières sculptures de Jacques Lucas. On se croyait un peu perdus, prêts à arriver dans la cour d’une ferme et à devoir faire demi-tour en pestant contre les aléas de Google Maps… Et puis pouf ! Ces statues rieuses couvertes d’entrelacs semblent soudain nous faire signe. C’est bien là. Un simple petit écriteau nous invite à nous garer dans la courette d’une demeure dont on ne soupçonne pas les merveilles depuis le bord d’une route de campagne comme les autres . On s’avance, on n’ose pas trop entrer, on s’adresse à un homme qui bricole une voiture dans une grange en pensant bêtement qu’il doit s’agir de lui. Mais non. Il nous dit que Jacques est à l’intérieur et qu’on peut faire le tour. On hésite encore. Un autre homme apparaît, décontracté, T-shirt rouge et casquette coiffant ses cheveux mi-longs et grisonnants. Cette fois, c’est sûrement lui ! Toujours pas. Le voisin rigole : « Sûr qu’ici on n’est pas emmerdés quand on a envie de jouer de la tronçonneuse ! »

Alors on se lance. On passe sous l’arche monumentale qui donne accès à la façade Est de la maison. Et là… Comment vous dire ? C’est un peu comme ça que j’imaginais l’entrée de la chocolaterie de Willie Wonka dans le roman de Roald Dahl, avant la sortie du film de Tim Burton. Vous voyez le genre ? Le soleil se lève à ce moment-là, et inonde la courette parsemée de colonnades gravées, faisant se refléter les arches transversales dans le petit bassin creusé en-dessous. Je pense aux temples millénaires de Thaïlande, aux statues de l’île de Pâques, aux totems des indiens d’Amérique et à toutes ces choses incroyables que j’ai vues dans mes livres d’enfant. En y regardant bien, on devine encore par-ci par-là les parpaings des structures initiales. Mais tous ces mondes, réels et imaginaires, s’entremêlent là, partiellement recouverts de lierre, avec de grands arbres qui forment une tonnelle naturelle et donnent au lieu des airs de jungle oubliée. Quel curieux mélange de nature et de structure, de force et de fragilité !

Quand on pense que Jacques Lucas a commencé à bâtir ce «sanctuaire» sans aucune connaissance en architecture et qu’il ne savait même pas quoi faire avec son premier sac de ciment ! Comme il me l’a confié au téléphone avec une humilité déconcertante : «Je suis peintre moi, cette maison c’est juste mon atelier.»

Dans chaque recoin pourtant foisonnent des visages souriants, des mains tendues comme pour nous inviter à entrer plus loin dans son univers insolite. Pas de panneaux, pas de barrières, pas de clôtures… Pas de limites. Je repense avec émotion, assise sur une marche au soleil, à tous ces créateurs gênés d’être appelés «fous» ou «génies», qui, à l’image de Ferdinand Cheval, se sont levés un matin avec l’idée de se bâtir en dehors de toutes les normes, faisant fi de toutes les règles, un édifice en guise d’univers. «Maison de magicien», «appel au rêve», j’écoute mes amis décrire avec émerveillement ce qu’ils voient : la moindre fleur, le moindre œil, la moindre vague, tous ces motifs courbes qui nous appellent à la douceur.

Au détour d’un escalier du jardin, on croise à nouveau un vieux monsieur qui marche au soleil, les mains croisées dans le dos. Je m’adresse à lui d’une voix vibrante :

«C’est vous qui vivez ici ? C’est vous qui avez fait tout ça ?
– Pas du tout, je suis comme vous, je visite. C’est pas mal, hein?»

Nous rions ensemble de notre désir de rencontrer l’artiste qui demeure invisible. N’aurons-nous donc jamais de réponse à cette question qui nous taraude, celle du « Pourquoi? » …


[A suivre…]

Illustration de Antonin Briand

7 réponses

  1. Une belle découverte, mystérieuse et folle à la fois! On a envie d’en savoir plus, d’écarter de la main le lierre et de voir apparaître d’autres merveilleuses!
    Les illustrations ajoutent au mystère…

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