Rubrique Voyages Parallèles

BRETAGNE – Le tombeau de Saint Léonard 2/2

Après avoir passé le petit portail menant vers la sépulture de Saint Léonard, Aurore, Antonin et Aya et Stélan s'imprègnent de l’atmosphère du lieu. La tombe du Bandit Repenti est entourée de petits gri-gris et de chaises de jardin prévues pour accueillir les fidèles. La petite clairière invite à se reposer, à se recueillir devant la dernière demeure de Léonard. On y ressent une certaine paix.

Illustration de HeyTon’s (clique dessus pour la voir en entier)

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BRETAGNE – Le tombeau de Saint Léonard 2/2

Après avoir passé le petit portail menant vers la sépulture de Saint Léonard, Aurore, Antonin et Aya et Stélan s'imprègnent de l’atmosphère du lieu. La tombe du Bandit Repenti est entourée de petits gri-gris et de chaises de jardin prévues pour accueillir les fidèles. La petite clairière invite à se reposer, à se recueillir devant la dernière demeure de Léonard. On y ressent une certaine paix.
Illustration de Antonin Briand (Heyton’)

Après avoir passé le petit portail menant vers la sépulture de Saint Léonard, Aurore, Antonin et Aya s’imprègnent de l’atmosphère du lieu. Stélan, absorbé par la lecture des innombrables prières qui jonchent la petite allée d’arbres, est resté en arrière.

Ici repose donc le Bandit Repenti. Sa tombe est entourée de petits gri-gris, de panneaux appelant au respect du lieu, et de chaises de jardin prévues pour accueillir les fidèles. Une feuille A4 accrochée à un arbre demande aux fidèles d’apporter de l’eau. La petite clairière invite à se reposer, à se recueillir devant la dernière demeure de Léonard. On y ressent une certaine paix.

Tous les trois ont envie de discuter avec les habitués du lieu pour mieux comprendre leur dévotion. N’osant les aborder de manière trop abrupte, ils s’assoient, écoutent, et prennent quelques notes. Neuf personnes discutent entre elles et semblent se connaître depuis un moment. Ils parlent du covid, de la météo. Elles râlent, rient entre elles. Se souhaitent aussi les anniversaires des enfants, pour ensuite mentionner ceux qui ne sont plus là. Font mine de parler de tout et de rien. Mais parlent surtout de leurs peurs et de leurs douleurs. Une femme mentionne son père qui se bat contre la maladie. « J’avais pas vu mon papa pleurer depuis que j’ai perdu mon mari. Ça fait vingt ans et six mois. » Le Saint les soutient, et elle se rend régulièrement ici pour lui rendre hommage. « Il est en vie mais il faut qu’il se batte maintenant. Il m’a dit qu’il allait se battre. » Pendant ce temps, d’autres personnes s’avancent, posent leurs mains nues sur la croix de pierre, les yeux baissés. En silence. Sans interrompre ceux et celles qui discutent.

C’est Aya qui se lance la première, se faisant la voix de notre quatuor. Indéniablement, ils se sentent touchés par la douceur et la sincérité du lieu. Elle explique aux gens réunis là la démarche de Voyage en Terre Contées, le plus naturellement du monde. Les fidèles répondent volontiers à ses questions, une quarantenaire notamment. On sent qu’elle est très attachée à ce sanctuaire. Léonard est un saint guérisseur, selon ses dires. « Moi, je viens pour me recharger. C’est un cœur à cœur. Vous pouvez lui apporter des fleurs, il adore les fleurs. » Une autre dame, plus âgée, raconte que ses grands-parents venaient déjà se recueillir ici. Ce sont les gens du coin qui entretiennent la tombe depuis le milieu du XIXème siècle. Cet amour, cet attachement populaire envers ce Saint qui n’a jamais été reconnu par l’Eglise catholique, il dure depuis plus de cent cinquante ans. De bouche-à-oreille, de pères en fils, de grands-mères en petites-filles. De miracle en miracle. Une fidèle distribue des fraises Tagada en riant : « Tiens, voilà ton hostie ! » La quarantenaire reprend l’échange :  «Saint Léonard, il aime les petits, pas trop les hautains. Les hautains, ils passent pas le portail. » Elle propose ensuite à Aya de poser ses mains au-dessus d’une pierre qui jouxte la sépulture, sans la toucher. « Vous sentirez l’énergie ! »

Elle s’exécute, bientôt suivie par ses camarades. Effectivement, on ressent une certaine électricité, une sorte de chaleur lorsqu’on touche la pierre. C’est doux, c’est fort. C’est rassurant, aussi. Un homme se joint à eux, et pose lui aussi ses mains sur la roche. Il s’appelle Rémy, et il est magnétiseur. Ils parlent du tombeau de Saint Léonard, et puis il leur raconte les tenants et aboutissants de son activité. Le travail de guérison. La Lumière. Notre monde et ses difficultés. La nécessité de se protéger, et de se recharger. La manière dont le covid a porté un violent coup au moral de tous. Aya et Antonin sont dans l’obligation de se faire vacciner pour exercer leur métier, et ils vivent mal cette perspective. Rémy, compatissant, retourne alors à sa voiture puis leur donne une feuille comportant un protocole qu’il a mis au point pour se nettoyer après l’injection, énergétiquement parlant ! Nos amis sont heureux de faire sa rencontre, et enchantés par son altruisme et sa simplicité, à l’image de ce sanctuaire entretenu par la bienveillance des petites gens. Ils finissent par prendre congé, et retournent à leur voiture. 

Le quatuor est ravi de leur découverte du Tombeau de Saint Léonard, et d’avoir une occasion de mettre en lumière ce lieu passionnant. Alors qu’ils s’en vont, Aya réfléchit à son propre rapport à la spiritualité. Bien souvent, lorsqu’elle a eu l’occasion d’assister à des messes catholiques, la morosité des fidèles l’a frappée. Beaucoup d’entre eux, à ses yeux, étaient là par habitude, sans rien ressentir. Sans se connecter au Divin, quelle qu’en soit sa forme. Pourquoi alors assister à une célébration religieuse? C’est dans des lieux du genre de ce tombeau, pourtant bien éloigné du dogme et des massives architectures de pierre, qu’elle trouve, elle, sa propre conception de la spiritualité. Lorsqu’on se rend dans un lieu saint – une forêt, une mosquée, une église, ou la tombe d’un saint qui n’a jamais été canonisé, peu importe – c’est par amour. C’est pour guérir. C’est pour rechercher cette relation avec la Lumière qui recharge, rassure, recentre. Pour y rechercher un enseignement, un regain de force pour avancer. Car parfois, il est difficile de trouver seul.e, en soi, la force d’aller plus avant. 

Ainsi, les quatre amis continuent d’avancer. Sur la route du retour, riant de concert, ils parlent déjà de leur prochaine aventure…

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